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Lorsque de jeunes réfugiées afghanes et syriennes arrivent pour la première fois à Welcome to Play (Bienvenue au jeu) un programme de Free Play For Kids (Jeu gratuit pour les enfants) d’Edmonton, elles se rassemblent automatiquement et s’assoient sur le banc. Assises à l’écart, elles ne jouent pas : c’est leur rôle habituel.

Alors que les jeunes filles restent assises, les garçons s’amusent à botter des ballons de soccer et à se faire des passes de ballon de basketball. Quand les garçons se font donner des bâtons de hockey, les armes qu’ils ont vues dans leur pays natal avant d’arriver au Canada leur viennent en tête. Ils font semblant de se tirer dessus, imitant ce qu’ils ont vu depuis leur tendre enfance. Cette violence est tout ce qu’ils connaissent.

Free Play For Kids (Alb.)

Toutefois, cette année, ces enfants côtoient des entraîneurs qui ont reçu la formation et la certification adéquates pour les aider à gérer leurs traumatismes et les canaliser à travers le sport, alors qu’ils participent aux activités de Welcome to Play. Après seulement une semaine, les filles ne sont plus sur le banc : elles participent gaiement à une variété de sports. Les garçons apprennent à tenir un bâton de hockey correctement et à l’utiliser pour jouer à l’un des sports les plus populaires au Canada.

Free Play For Kids, qui est responsable de Welcome to Play, a été en mesure d’engager des intervenants jeunesse dans le cadre du programme, en plus d’éliminer de nombreuses barrières aux sports et loisirs pour de jeunes réfugiés, le tout grâce au programme Rejoindre tous et chacun : une intervention sportive communautaire de l’Association canadienne des parcs et loisirs. Ce programme, financé par le projet Le sport communautaire pour tous de Sport Canada, vise à éliminer les obstacles et à accroître les taux de participation au sport des groupes dignes d’équité de partout au Canada.

Les enfants travaillent avec leur entraîneur sur leurs compétences artistiques pendant une pause du sport quotidien. C’est dans cet espace que nos entraîneurs apprennent souvent à mieux connaître les enfants

« À Welcome to Play, on ne juge pas la performance. Que l’un d’entre eux devienne le prochain Connor McDavid nous importe peu. Rien de tout ça n’est important pour nous. L’objectif de notre programme est de créer des espaces sécuritaires, d’instruire les enfants, de les aider à gérer leurs traumatismes, d’améliorer leur santé mentale et d’aider à faciliter leur adaptation dans un nouveau pays après avoir vécu des choses que personne ne devrait avoir à vivre », explique Sonny Sekhon, directeur du financement de Free Play For Kids. « Ce financement nous a donné de la crédibilité et a donné à tous les membres de notre personnel la chance de croire en ce qu’ils font. Ça nous a aidés à faire avancer notre mission ».

Sekhon raconte que le programme Welcome to Play a commencé il y a environ trois ans durant la pandémie de la COVID-19 et qu’il est axé sur les jeunes nouveaux arrivants et réfugiés qui vivent à Edmonton dans des hôtels de façon temporaire ou des maisons de transition. Depuis sa création, Welcome to Play a servi d’espace sécuritaire pour ces enfants qui font face à des barrières au sport liées à la langue, à l’argent et au transport.

Selon M. Sekhon, le financement a aidé à couvrir les dépenses liées à la mise en œuvre de Welcome to Play et de ses activités. Les enfants ont été en mesure de prendre part aux activités gratuitement et du transport gratuit leur était fourni jusqu’à leurs hôtels.

Toutefois, M. Sekhon dit que ces participants vivent avec des traumatismes et qu’ils ne se sentent pas toujours en confiance dans leur nouvel environnement. C’est pourquoi l’organisme a aussi utilisé l’argent du financement pour engager des intervenants jeunesse capables d’offrir du soutien par les pairs à ces enfants qui en ont terriblement besoin.

« Notre plus grande dépense a été d’engager de bonnes personnes bien formées qui ont les compétences linguistiques et l’intelligence émotionnelle pour travailler avec ces enfants qui ont été témoins d’horribles, mais d’horribles choses ailleurs dans le monde », explique M. Sekhon. « Ils ne l’oublieront jamais, mais peut-être que grâce aux sports et loisirs, ils pourront réécrire leur histoire ».

Sekhon ajoute qu’il a personnellement été témoin de l’impact que ces intervenants jeunesse ont eu sur les participants qui continuent d’être tourmentés par leurs traumatismes alors qu’ils participent au programme. Il a aussi remarqué à quel point les sports et loisirs les ont aidés à développer leurs mécanismes d’adaptation.

Les entraîneurs ont mis en place un peu un parcours du combattant pour les enfants pour tester leurs compétences lors d’une journée de camp

« Nos intervenants jeunesse n’ignorent pas les traumatismes, car ils sont bien réels et à vif. Ils laissent les enfants les affronter pour ensuite les traiter », explique M. Sekhon. « Les intervenants peuvent les aider à penser à autre chose; le tout par le biais du sport, de la création de communautés et de la construction d’un espace pour ces enfants ».

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